Les kimonos d’Anita Henry : bleu profond et techniques traditionnelles

EXPOSITION de kimonos issus de la collection privée d’Anita Henry dans le cadre de l’exposition Le Fil Bleu des Indigos Naturels

Du 20 avril au 18 mai à l’Hôtel Reynes, Albi

L’exposition des kimonos d’Anita Henry évoque  magnifiquement la beauté cachée derrière la technique et le travail minutieux des fileuses et des teinturières : des heures, des jours, des semaines, des mois de patience, parfois une cinquantaine de bains… pour des pièces uniques.

En voici quelques exemples :

Kimono YUKI TSUMUGI 結城紬 en soie sauvage. Etoffe légère et chaude, douée d’une souplesse et d’une douceur caractéristique, traditionnellement employée pour cette technique de tissage inscrit en 2010 sur la Liste Représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité de l’UNESCO.

YUKI TSUMUGI 結城紬, technique de filage, teinture et tissage est transmise de génération en génération dans la Préfecture d’Ibaraki, au Nord de Tokyo.

La production de l’étoffe comporte plusieurs étapes : filage à la main de la bourre de soie, confection à la main d’écheveaux avant teinture du fil pour réaliser des motifs, puis tissage de la soie sur un métier à sangle dorsale, connu sous le nom de jibata 地機. La sangle maintenue autour de la taille du tisserand permet d’ajuster la tension du fil vertical.

Pour tisser le rouleau de 12 m de long et 38 cm de large qui a servi à confectionner, coudre à la main ce kimono à motif, deux mois de tissage ont été nécessaires.

Les techniques traditionnelles du Yuki-tsumugi sont transmises par les membres de l’Association pour la préservation de la technique Yuki-tsumugi, principalement dans les villes de Yuki et Oyama, au nord de Tokyo. Actuellement, environ cent trente artisans utilisent cette technique, dont le nom, Yuki-tsumugi a été adopté en 1602.

Kimono KASURI TSUMUGI 絣 en soie sauvage, tissé avec des fils irréguliers qui forment des « boutons », qui font leur  charme au toucher d’une toile. Technique de tissage est KASURI : ikat avec des fibres teintes spécialement pour créer des motifs et des images qui se caractérisent par une apparence floue ou brossée.

Les fils de trame et de chaîne sont teints dans des motifs spécifiques. Avant la teinture, des sections des fils de chaîne et de trame sont étroitement enveloppées avec du fil pour les protéger du colorant.

Lorsqu’elles sont tissées ensemble, les zones non teintées s’entrelacent pour former des motifs. De nombreuses variations de Kasuri sont possibles.

Sur ce kimono les motifs de grues, pins millénaires et tortues sont tissés selon une disposition géométrique. La grue et la tortue, ensemble, symbolisent la longévité, la protection et la sincérité des sentiments. Le pin est le symbole d’immortalité, synonyme de force et puissance, il résiste aux vents et tempêtes de la vie…

Kimono OSHIMA TSUMUGI 大島紬 en soie tissée avec fils pré-teints, aussi bien pour la chaîne que pour la trame. La couleur est raffinée, le tissu est doux et difficile à froisser.

Amami Oshima tsumugi est la pongée (1) de soie haut de gamme qui symbolise l’histoire, la fierté et la culture ancestrale vieille de 1300 ans.

Le bois de Sharinbai, appelé également Techikiテーチ 木(車輪梅の木Rhaphiolepis umbellata) découpé en petits morceaux, est plongé dans de gros chaudrons portés à ébullition. Les fils de soie sont alors trempés dans le mélange refroidi, puis séchés au soleil. Ce procédé est répété 15 à 20 fois. La couleur rouge sombre ainsi obtenue, évolue ensuite vers des gris ou des bleus sombres par l’immersion des fils dans différents types de boues prélevées sur les berges d’une rizière. Ces eaux boueuses, par leur forte concentration en fer, permettent de teinter mais aussi de fixer la couleur sur la soie. La teinte indigo est, elle, obtenue grâce aux feuilles de Persicaria tinctoria.

L’atelier Oshima Tsumugi sur l’île Amami-Oshima reste fidèle à cette technique traditionnelle importée de Chine sur l’île d’Okinawa, puis sur les îles Amami à partir du 8e siècle.

Autrefois ces tissus de soie étaient réservés à l’entourage et à la famille du roi de l’archipel des îles du Sud, dont Okinawa et Oshima, puis par la suite aux membres des gouvernements féodaux successifs. Les habitants n’étaient pas autorisés à les porter, ils ne les utilisaient que pour s’acquitter de taxes dues à leurs maîtres. Ce n’est qu’à compter de l’ère Meiji à la fin du 19e siècle que ces créations artisanales recherchées deviennent des marchandises accessible à travers tout le Japon et reste éternelle admiration de toutes les femmes japonaise pour sa brillance, son toucher et ses froissements sur la peau.

(1) Tissu léger constitué d’un mélange de laine et de bourre de soie, utilisé pour l’ameublement et l’industrie vestimentaire.

Ceinture de Kimono « Obi » longue de 4.6 m en soie sauvage. Le motif représente le village Shirakawa-gô 白川郷, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1995 et constitué de maisons typiques de style architectural appelé gasshō-zukuri (合掌造り, litt. « construction aux paumes des mains jointes ») . Les Kakis, fruits de plaqueminier se détachent sur le fond indigo. On devine les toits de chaumes et les branches de pins alourdis sous le poids de la neige de cette région aux hivers froids…

Ceinture de Kimono « Obi » en coton, longue de 3.60 m.

Technique de broderie Sashiko 刺し子, utilisée pour réparer ou renforcer de façon esthétique les vêtements usés.

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